RUNNING #3:Dernière semaine avant le marathon

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Heureuse de vous retrouver pour un article qui va parler de cette fameuse semaine avant le jour J. Celle où tu dois en théorie manger clean, te reposer et bien boire (de l’eau).

Tu vas peut-être courir le marathon de Paris dimanche ou un autre marathon et tu te demandes comment gérer cette dernière semaine.
Tu aimerais être au top le jour J pas comme lors de ta dernière sortie longue où tu avais enchaîné les spritzs en terrasse la veille et dormi 4 h en te disant qu’on n’a qu’une vie 🤔
Cet article est fait pour toi !

Avec un peu d’expérience sur cette distance (je ne suis pas une pro alors un conseil reste un conseil et non une science exacte) et sur le marathon de Paris plus particulièrement (ça sera mon 5 eme), je te propose un petit recap des choses à faire et ne pas faire durant cette dernière semaine.

Gérer le manque de sport

Oui je commence par ça car ça va sûrement être le plus dur. Tu prépares cette course depuis 3 mois comme 95% des plans d’entraînement et tu as développé une addiction à tes 4-5 séances par semaine et tu en es très heureu(se) mais cette semaine il va falloir lever le pied et courir moins.
Globalement je te conseille d’éviter de dépasser ton kilométrage hebdomadaire actuel: si tu courrais 60 km par semaine en fin de prepa alors reste à 60 km en incluant le marathon. Il te reste donc 18 km à dispatcher sur ta semaine de préférence pas en 1 seule fois le samedi après midi hein !
Arrivé au samedi soir tu risques d’être comme un lion en cage en manque d’endorphines et devenir insupportable mais tu pourras te rattraper dimanche, promis.

je vous conseille de ne faire aucun travail d’intensité cette semaine là, pas de fractionné fond, pas de RPM, pas de musculation du moins à partir du mardi.

Pour ce qui est de courir 5 km la veille, pour moi c’est comme un placebo pour se rassurer qu’on sait encore courir, si ça peut te faire du bien vas y mais aucune obligation.

Comment gérer L’angoisse, le stress etc

Si c’est ton premier marathon tu es peut-être en stress total avec 1 million de questions farfelues du style « mais comment je fais si j’ai envie de faire pipi ? », ou « et si je me fais une entorse à 1 km de l’arrivée ». Le stress à minima est normal et plutôt motivant, à ce propos je te laisse écouter le podcast Dans la tête d’un coureur sur le stress il en parle très bien. (Tu peux même écouter tous leurs podcasts parce qu’ils sont géniaux).

En revanche pas besoin de se rendre malade, globalement tu vas devoir courir 42km et si jamais tu as faim, soif, envie de faire pipi ou simplement de marcher rien ne t’en empêche. Il faut voir ça comme une longue balade dominicale. Inutile te te mettre la pression pour le chrono le record du monde a déjà été battu récemment et la terre ne va pas s’arrêter de tourner si tu fais 2 minutes de plus que l’année dernière.

Procéder par étape c’est la clé: découper mentalement la course en 4 fois 10 km par exemple.

Gérer la logistique

Où retrouver mon chéri ou ma grand-mère sur le parcours ? comment boire en courant ? Tous les combien je mange ? Qu’est ce que je prends sur moi ?
Si tu n’as pas déjà prévu ta stratégie de ravitaillement alors que tu cours dimanche je ne peux plus rien pour toi désolée…
C’est une blague bien sûr.

S’il est fortement conseillé de tester ses ravito avant le jour J je dois bien avoué que je ne l’avais pas fait pour mon premier marathon, ni le deuxième, ni le 5 ème, ni pour le marathon des sables d’ailleurs 😳
Ma stratégie est la suivante :
De l’eau à chaque ravitaillement quelques gorgées puis je garde la bouteille dans la main et je bois un peu tous les 2km.
D’ailleurs N’oublies pas de jeter ta bouteille dans les poubelles c’est important et essaye de la finir avant de la jeter, pense à t’en verser un peu sur la tête ou les jambes s’il fait chaud.
Pour l’alimentation j’utilise des gels ou des gommes et je prends la moitié de la portion conseillée tous les 5 km. Je préfère m’alimenter plus souvent en petite quantité que prendre 1 gel entier d’un coup car ça m’écœure.
Pour ce marathon je vais utiliser exclusivement des gommes stimium, donc 1/2 sachet tous les 5 km.
Boit et mange régulièrement si tu veux éviter le mur c’est indispensable !
Pour ce qui est de la gestion des accompagnateurs tu peux prévoir à l’avance qu’ils se mettent sur le bord de la route à un certain kilomètre, mettez vous d’accord sur le côté droit ou gauche de la route, ça à l’air con mais il faut y penser il y a tellement de monde… Les spots sympa sont à Faiderbe Chaligny sur la 8 c’est avant d’entrer dans le bois de Vincennes et il n’y a jamais personne,
Sur les quais avant le bois de boulogne tu en auras besoin, et dans le bois de boulogne mais c’est assez difficile d’accès pour les familles en général.

Pour les choses à prendre sur toi, personnellement je mets dans ma ceinture fourre tout: mon portable, mes clés, mon pass navigo, ma carte bleue, 2 mouchoirs, mes gommes stimium.  Je ne laisse rien à la consigne, il n’y a rien de pire que de faire la queue pour récupérer son sac après une course.
Gérer le sommeil

Garde tes habitudes si elles te conviennent ne te mets pas la pression pour être au lit à 21 h la veille si tu sais que tu n’arriveras pas à t’endormir. Essaye de dormir 7-8 h la veille et de te reposer les soirs précédents le jour J.

Gérer l’Hydratation

2L par jour minimum toute la semaine, de l’eau que tu veux, évite quand même l’Hepar et la contrex à forte dose…(c’est laxatif et diurétique)

Gérer l’Alimentation
Pas la peine de manger 2 kilos de pâtes par jour mais des glucides à chaque repas oui, notamment à partir du jeudi.
Exceptionnellement privilégie les féculents blancs car moins riches en fibres et plus digestes pour ces derniers jours avant la course.
À partir du vendredi matin évite les crudités et fruits frais entiers. Fais le plein de vitamines avec des jus pressés à froid si tu peux mais limite les fibres.
Par exemple tu peux te faire un plat de pâtes blanches ou semoule + ratatouille ou légumes cuits + protéine au choix et compote en dessert.

Le matin de la course pas de folie, prends le même petit déjeuner qu’avant tes sorties longues.
Si tu t’entraînais à jeun évite le jour du marathon.
Prends ton petit déjeuner 3 h avant le départ avec éventuellement un snack juste avant de partir type gel, gommes ou barre spéciale facile à digérer ou fruits secs, ou energy ball maison.
J’ai longtemps utilisé les gato-sports donc ça peut être une option.
Habituellement je me fais un porridge avec des flocons d’avoine dans du lait végétal avec 1 banane écrasée et des oléagineux + du sirop d’érable ou 1 carré de chocolat pour le sucre rapide. Évite de manger trop gras car les lipides ralentissent la digestion.

Gérer la course

« Ne pas partir trop vite, ne pas partir trop vite, ne pas partir trop vite » je me le dis tous les ans et je fais toujours mon premier kilomètre beaucoup trop rapidement alors je ne peux pas trop donner de conseils. L’important c’est de se remettre dans le rythme rapidement.

En général je suis assez mauvaise pour suivre un rythme, je fais plutôt aux sensations même si j’ai ma montre pour avoir où j’en suis. J’ai finis 2 fois en 3h53, une fois en 3h56 à Paris en le faisant sans objectif, et 3h50 à New York sans objectif non plus. Comme quoi en s’écoutant on peut être régulier.

Pour les 2 autres c’était du 4h30 en mode fun : marathon du Médoc et Paris en accompagnant ma belle soeur.

Surtout amuse toi parce que l’important c’est d’en garder un bon souvenir surtout, et finalement ça passe assez vite.

Pense à prévoir aussi une playlist ou des podcasts pour la course c’est très utile d’avoir une distraction dans les moments plus difficiles même s’il y a de l’ambiance sur une bonne partie de la course. 

 

Je vous souhaite à tous une belle ligne d’arrivée et une bonne fin de prépa.

N’hésite pas à commenter en partageant tes conseils pré marathon pour enrichir cet article 🙂

 

RUNNING #2: Le Marathon des Sables, mes 2 expériences

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Il y a 1 an et demi je participais au Half Marathon des Sables Fuerteventura suivi du full marathon des Sables Pérou.

Aujourd’hui j’avais envie de revenir sur cette expérience avec vous. Je n’avais pas vraiment fait de récit de course à l’époque car j’avais du mal à mettre des mots sur cette expérience et à vous la partager de manière pertinente et concise.

Le marathon des sables surtout en format complet est une aventure qui ne laisse pas indifférent. Si c’était à refaire et bien je le referait encore et encore. J’ai appris plus sur moi même en 6 jours dans le désert qu’en 24 ans de vie.

Dans cet article je vais aborder quelques points pratico pratiques mais aussi mon ressenti et quelques conseils sur ces deux épreuves. Je ne suis pas une traileuse professionnelle mais si vous lisez cet article je pense que vous non plus, ceci est juste un partage d’expérience rien de plus.

Comment je me suis retrouvée là

Je partageais mes entrainements running sur instagram depuis à peine 1 an quand j’ai reçu un mail qui me proposait de représenter la marque Waa Ultra et plus particulièrement la nouvelle gamme femme au Half marathon des Sables de Fuerteventura.

Sur le moment j’ai pensé à une erreur. Je n’avais aucune expérience trail mais j’ai appelé l’agence de communication qui m’avait contactée pour en savoir plus. Je me souviens j’étais en train de réviser à la bibliothèque et j’étais restée 30 minutes au téléphone puis nous avions convenu d’un rendez vous pour parler du projet. Je n’en revenais pas.

Je connaissais le marathon des sables comme une épreuve mythique de la course à pied réservée à des gens un peu fous. Pour moi c’était inhumain de faire 240 km en 6 jours,  dans le désert et en plus en autosuffisance alimentaire…

Je suis allée au rendez vous en me disant que c’était surement la chance de ma vie mais un peu flippée quand même: est ce que j’allais vraiment m’engager sur un 120 km dans le désert ? 120 KM ?!

2h de discussion plus tard j’avais dit oui, et j’était surexcitée.

J’ai donc participé à Fuerteventura avec l’équipementier Waa Ultra qui m’a fourni l’équipement et le dossard de la course.

Fuerteventura

C’était Fin septembre après un été assez mouvementé: Concours de l’internat terminé, rupture sentimentale, voyage au Japon seule et marathon du Médoc bouclé.

J’étais libre et en quête d’aventure c’était parfait.

Je suis partie seule, je ne connaissais que quelques membres de l’organisation mais je n’avais pas de partenaire de course. Très vite je me suis liée d’amitié avec Christelle (beerunneuse) et nous ne nous sommes pas quittées de la course.

Une chose est sûre au marathon des sables on n’est jamais seul. Tout le monde est ami quelle que soit sa nationalité, son métier, son lieu de vie. J’ai rencontré des gens de plein de pays que je n’aurais jamais eu l’occasion de rencontrer dans un autre contexte.

L’épreuve commence par les contrôles médicaux et techniques (poids du sac, calories minimales imposées, remise de la balise de course etc ..) qui ont lieu dans un hôtel. Ensuite nous avions un dernier vrai déjeuner buffet à l’hôtel puis nous devions rejoindre le bivouac à pieds (environ 8 kilomètres dans mes souvenirs).

Une fois sur le bivouac les groupes se forment et la course commence dans une bonne ambiance. Les tentes sont organisées par groupes de 5. Lors de cette édition du MDS le bivouac était fixe nous étions emmenés en bus sur les lignes de départ à distance chaque matin mais il me semble que cela à changé depuis.

La course se décompose en 3 étapes: Jour 1 30 km, Jour 2 environ 70, Jour 3 repos sur le bivouac, Jour 4 20 km environ.

Je ne vais pas vous détailler toute la course, déjà parce que je ne suis pas sûre de me souvenir de tout et ensuite parce que cela serait terriblement long.

La première étape est plutôt agréable avec un gros passage sur la plage qui est sublime, mais aussi très technique avec une dune de sable à 20% en montée absolument atroce et des passages un peu chauds en montagne rocheuse. Partie comme une flèche, j’ai vite déchanté ! La chaleur, le sac de 10 kilos, les cailloux et le sable, pas facile du tout. Il m’a fallu 5 kilomètres pour trouver mon rythme de croisière et accepter de marcher un peu plus souvent que prévu.

L’étape longue est une affaire de mental, mon point fort. J’avais pu tester ma résistance mentale lors d’un trail de 50 km au parcours très monotone dans mon plan d’entrainement. Marcher / courir tout droit pendant dans heures ça ne me fait pas peur, j’arrive facilement à partir très loin dans mes pensées et j’avais gardé toute la batterie de mon téléphone pour avoir de la musique sur cette étape. Je crois que je ne remercierais jamais assez Christelle d’être restée avec moi durant toute l’étape, grâce à elle on a mis le turbo pour faire toute la partie montagneuse de jour et on a bien fait. Je n’avais jamais couru à la frontale et c’est ce que j’ai trouvé le plus dur: marcher tout droit en regardant ses pieds à la lumière de sa frontale, n’avoir aucun paysage auquel se raccrocher pour s’occuper. Heureusement on avait des trucs à se raconter avec Christelle et on a passé un super moment. Quelques kilomètres avant la fin on passe sur une portion de chemin assez proche de l’océan, on entend les vagues mais impossible de savoir si elles sont juste à côté ou à 1 kilomètre. Je me souviens de ce moment magique, dans le noir total avec un ciel plein d’étoiles, on entend les vagues, juste des vagues. À ce stade ma montre n’a plus de batterie, je n’ai ni GPS ni notion du temps ni aucune idée du nombre de kilomètres qu’il nous reste à parcourir, c’est très étrange comme sensation, d’être au milieu de rien comme ça, mais c’est ce que j’ai le plus aimé dans ce marathon des sables.

Je termine l’étape épuisée et heureuse, je sais que quoi qu’il arrive le lendemain je fini mon marathon des sables.

La Troisième étape, la plus rapide. Après un jour de repos sur le bivouac cette étape passe très vite. J’ai détesté les pierres volcaniques partout sur le chemin, très désagréable pour les chevilles mais le paysage est magnifique donc ça compense. J’ai hâte d’arriver et en même temps je réalise que ce sont les derniers instants de la course. Dans ma tête je pense: « tu passes l’arche d’arrivée, tu prends ta médaille, tu files prendre ta chambre et te doucher ensuite tu manges un truc bien fat avec un verre de prosceco ou un mojito, ensuite tu allumes ton téléphone…. » . Je visualise  l’arrivée et ça me motive à aller vite.

C’est sans doute une des arrivées les plus marquantes de ma vie et j’en garde un souvenir très net. Je me souviens très bien de Christelle qui était là pour m’accueillir et de l’émotion quand j’ai réalisé que j’avais fini.

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Le Pérou

Une fois Fuerteventura fini j’ai eu la chance de pouvoir signer à nouveau pour le Pérou avec WaaUltra. C’était 2 mois après Fuerte, j’ai hésité car je trouvais ça un peu rapproché mais après tout, quel meilleur entraînement qu’un Half pour faire un full ?

Cette fois ci j’étais accompagnée de Jeremy (@jeraimelavie sur instagram) et Hugo, rencontrés à fuerte, mais aussi Gaelle Decorse, espoir montant du trail (d’ailleurs si tu passes par là, bravo championne). Nous étions 4, cette fois ci je n’étais pas seule et perdue à Roissy.

Tout est allé très vite sur cette épreuve, j’ai l’impression d’avoir moins de souvenirs que sur le Half, peut-être parce que psychologiquement j’étais dans une période pas facile de ma vie à ce moment là, mais aussi parce que je confonds un peu les étapes.

La cours se compose de 5 étapes:

Jour 1 35 kilomètres – Jour 2 – 42 kilomètres – Jour 3 75 kilomètres environ – Jour 4 repos – Jour 5 42 kilomètres – Jour 6 20 kilomètres. (environ)

J’étais partie du principe que j’allais beaucoup marcher sur cette course. 240 kilomètres ça n’est pas 120 et j’avais surtout envie de finir, peu importe le chrono.

Je me souviens que la première étape était très très dure. Avec un parcours très plat en plein soleil, beaucoup sont partis trop vite et on déchanté. Les abandons ont été assez nombreux si bien que le soir sur le bivouac, dans notre groupe de 6 tentes initialement nous n’étions plus que 4 en fin de journée; Jeremy, Hugo, Gaelle et moi.

Jeremy est resté avec moi toute l’étape et a même porté mon sac sur quelques kilomètres à la fin car j’étais très mal. J’ai eu un début de cystite sur cette épreuve qui m’a obligée à aller faire un tour dans la tente médicale à peine arrivée sur le bivouac. Heureusement, plus de peur que de mal, ma bandelette urinaire était négative, j’ai donc bu 2L sur la nuit et le lendemain j’étais fraiche comme un gardon. Suite à cet incident, à chaque check point (CP) j’avais droit à un « alors Mathilde ça va mieux le pipi ? de la part de l’équipe médicale.

Un des points positifs de cette course c’est qu’on se sent très bien encadrés. L’équipe médicale et les bénévoles sont ultras présents et on fini par connaitre tout le monde, comme une petite famille.

La deuxième étape n’a pas été simple non plus. Je me souviens d’en avoir pas mal bavé sur le parcours et surtout à l’arrivée. Impossible de poser notre tente avec Gaelle à cause du vent. Après 10 tentatives on s’est regardé désespérées et j’ai complètement craqué. J’étais en larme. 42 kilomètres dans les pattes et impossible de monter ma tente et d’allumer mon feu, j’étais frigorifiée et affamée, épuisée.  À ce moment là 2 mecs viennent nous aider et nous disent d’aller dans la grande tente militaire pendant qu’ils montent nos tentes… on s’exécute aussitôt.

Au final on a fini par faire notre feu et dormir dans la grande tente tous les 4.

L’entre aide est vraiment omniprésente sur ce genre de course, personne ne vous laisse jamais en galère. Je me suis arrêtée plusieurs fois pour aider des gens dans le mal et beaucoup de personnes m’ont aidée pour faire du feu, monter ma tente ou autre. C’est ce qui fait tout l’intérêt du marathon des sables: le partage.

L’étape longue a été la plus grosse épreuve mentale que j’ai connue. Pire que le Half MDS, Pire que le 70.3 d’Aix en Provence, pire que n’importe quel marathon.

Je suis allée chercher au delà de ce que je pensais être capable de faire physiquement.

Moralement le parcours était très dur, je me souviens d’un passage en ligne droite sur presque 20 km avec un vent de côté à marcher sur des vaguelettes de sables tassés. C’était comme monter un escalier en biais avec des petites marches pendant 4 heures.

Ensuite il y a eu le moment où j’ai perdu le groupe et là j’ai cru que j’allais craquer. On s’était dit, quoi qu’il arrive on fait une pause au CP4 pour manger un repas chaud et se reposer un peu. Et toute la course je me suis raccrochée à ça.

Sauf qu’entre le CP3 et le CP4 j’ai décroché. Je n’arrivais pas à suivre le groupe et mes 3 compères m’ont distancée.

Arrivée au CP4 épuisée et frigorifiée car c’était la tombée de la nuit, eux repartait de leur pause. J’aurais pu zapper ma pause et continuer avec eux mais je n’avais pas la force, j’avais besoin de mettre ma veste, mon pantalon et manger, j’étais en hypoglycémie et j’avais mal partout.

Je décide donc de m’arrêter et faire un feu. Je pleure, beaucoup beaucoup beaucoup à ce moment là. Un des bénévoles essaye de me remonter un peu le moral mais c’est dur.

Je n’en veux pas aux autres d’avoir continué sans moi car c’est normal de vouloir avancer dans ce genre d’épreuve, je m’en veux à moi même de ne pas avoir été assez rapide pour les suivre. Après un bon repas et un changement de tenue + installation de ma frontale je me greffe à un groupe de filles que je connais de Fuerteventura: Gloria et Leslie + une autre concurrente que je rencontre à ce moment là.

Nous voilà donc 4 nanas à papoter en marchant à la lueur de nos frontales. Ce qui est magique en trail long c’est que la situation peu évoluer très rapidement. On passe facilement de l’épuisement à l’euphorie. Le fait de continuer avec un nouveau groupe me motive et j’ai l’impression de retrouver toute mon énergie.

Le moment le plus magique de la course c’est l’arrivée sur une dune de sable qui descend  sur la plage pendant 2 kilomètres environ. On voit l’océan et la lune qui brille, on entend les vagues et on sait que le CP 5 est en bas. La descente est très drôle, on glisse, on rigole, on tombe. Je réalise à cet instant que je suis au Pérou, dans un pays que je ne connais absolument pas, en plein milieu d’un désert, en train de marcher vers l’océan pacifique et que tout ça c’est juste dingue.

Arrivée en bas je vois un mec au CP5 en train de danser à côté du point de ravitaillement d’eau: C’est Hugo. Sur le coup je ne comprends pas trop… en fait il a décidé de m’attendre, pendant 1h et demi il m’a attendue pour ne pas me laisser finir toute seule.

Ok, là forcément je pleure… L’ultratrail niveau émotion c’est les montagnes russes, on pleure on rigole, on sait plus trop. Ça fait environ 14 heures que je marche et j’en peux plus mais sérieusement impossible d’abandonner s’il m’a attendue.

On fini la course ensemble en 17 heures et quelques dans mes souvenirs. Le bivouac est posé sur une plage au bord de l’océan, j’ai hâte que le soleil se lève pour aller me baigner le lendemain.

Cette étape c’est vraiment un de mes plus beaux souvenirs de course. Je suis passée par toutes les émotions, je me souviens qu’à la fin j’étais tellement épuisée que j’avais l’impression de rêver ce qu’il se passait, d’être un peu dans un état second. Pourtant on a quand même eu la force de trottiner un peu sur la fin.  J’ai eu l’impression d’halluciner en arrivant sur le bivouac « Merde j’entends des phoques toi aussi ?  » Mais non c’était bien des lions de mer 😉

Je ne me souviens pas bien des autres étapes mais le plus important c’est que j’ai compris qu’il fallait savoir persévérer quand ça ne va pas. En course longue que ce soit du Trail ou du triathlon les choses peuvent vite changer et parfois il faut savoir aller au delà. J’ai alterné plusieurs fois entre envie d’abandonner et regain d’énergie au point de me mettre à courir. Quand ça ne va pas en général je continue, je compte jusqu’à 100 et je refait un point et ça marche.

 

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Comment faire son sac pour le MDS

Après cette petite mise dans l’ambiance voici les principaux conseils que je trouve utiles pour remplir votre sac.

  • Choisir son sac: globalement il y a 2 écoles : le WAA ULTRA que je trouve très bien et le raidlight. Essayez les 2 et choisissez. Il faut qu’il soit assez contenant tout de même donc ces 2 modèles sont adaptés pour nous les amateurs. Les pro ont des sacs plus petits et plus légers mais on joue pas dans la même catégorie.
  • Les plats lyophilisés: Il vous faudra des plats lyophilisés que je vous conseille d’acheter en ligne car c’est moins cher qu’au vieux campeur, notamment sur ce site que j’avais trouvé pas mal. Vous n’en mangerez que le soir +/- 1 au milieu de l’étape longue + 2 la journée de repos sur le bivouac. N’en prenez pas plus que 7-8 c’est inutile. Vu le prix des plats inutiles également d’en acheter pour tester, globalement ce sont des pâtes et du riz, impossible de mal digérer ça. Misez sur les classiques, les plats à base de pâtes et semoule sont les meilleurs. Évitez les plats trop épicés souvent écoeurants. Pensez aussi à ruser en faisant vous même vos sachets avec du taboulé classique ou des nouilles instantanées type cup noodles c’est beaucoup moins cher que les plats spécialisés et c’est la même chose.
  • Les snacks: lâchez vous, c’est ce que vous allez manger le plus. En course, en arrivant sur le bivouac, en dessert, n’importe quand. Noix de cajou, amandes, Tucs, bretzels, barres de céréales, boeuf séché, biscuits… J’ai fini mes 2 MDS avec plus aucun snack sur moi mais toujours avec des plats lyophilisés en trop. À bon entendeur…
  • La trousse pharmacie: (c’est mon côté médecin désolée) Pas la peine de prendre des pansements et désinfectants il y a des tentes médicales pour soigner vos ampoules. Prenez en revanche du sérum physiologique si vous avez du sable dans l’oeil c’est très utile, de l’imodium ou smecta au cas où, et pourquoi pas quelque chose pour la constipation… principal problème à force de manger des pâtes, du riz et d’être déshydraté. L’aspi venin n’est obligatoire que pour le Maroc.
  • Reconditionner les aliments: Transvaser vos plats lyophilisés dans des sachets congélation est très utile pour gagner de la place plus que du poids. Ça n’est pas obligatoire et ça implique de devoir laver votre gamelle à chaque repas. (les emballages de plats lyophilisés servent en général de « bol »)
  • Vêtements de rechange: Ayez une tenue de bivouac type legging en coton et T shirt manches longues pour le soir. Je vous conseille de prendre des sous vêtements moches et vieux que vous jetez au fur à mesure des jours. Emmenez une savonnette pour laver vos vêtements avec l’eau qu’il vous reste le jour de repos notamment.
  • Hygiène: Achetez des gants / lingettes spécialement conçus pour le camping comme ceux là, et prenez un petit paquet de lingettes. Perso j’avais aussi pris un petit shampoing parce que j’aime vraiment me laver les cheveux #princesse. Je me suis fait 2 shampoings pendant la course avec l’eau qu’il me restait (il en reste toujours beaucoup ne vous inquiétez pas).
  • La crème solaire: indice 50 , indispensable
  • Un buff: voir 2 , un pour la tête, un pour éviter le coup de soleil dans la nuque qui vous gâche la course. La casquette est indispensable aussi de même que les lunettes de soleil. D’ailleurs Alexis si tu passes par là, merci de m’avoir donné le tiens sinon c’était fini pour moi.
  • Coller ses guêtres: pour le Half je l’ai fait faire par un cordonnier c’était niquel. Pour le Full je l’ai ai collées sur le bivouac en plein soleil avec Hugo et Gaelle, ça n’a pas collé, c’était l’enfer. Du coup je vous conseille le cordonnier.

Au final j’avais un sac de 9 kilos pour le Half et 7,5-8 pour le Full donc ça allait.

Conclusion

Si vous hésitez encore, n’hésitez plus.

Lancez vous.

Je pense que c’est une course accessible à tous y compris pour le format Full à condition d’être entrainé un minimum pour le foncier.

Je n’avais quasiment jamais fait de trail, je n’avais jamais couru dans le sable et jamais couru avec le sac avant le jour J.

Si vous aimez le long et que marcher dans le désert pendant des heures ne vous fait pas peur alors c’est bon. Le plus difficile pour beaucoup je pense, c’est de mettre son égo de coté et accepter de prendre son mal en patience et marcher au lieu de courir.

La marche rapide est quasi aussi efficace que trottiner dans le sable. Je n’ai pas honte de dire que j’ai beaucoup marché sur ces 2 courses.

Ces 2 courses restent les plus marquantes de ma vie et j’ai vraiment pris du plaisir à les faire, je me sens réellement chanceuse d’avoir pu vivre un expérience aussi intense.

Je suis quasi certaine qu’un jour je ferais le Maroc, même si pour le moment je me consacre plus au triathlon.

 
Si tu as des questions ou des remarques sur le marathon des sables n’hésite pas à commenter pour enrichir cet article.

 

 

RUNNING #1 Courir le Marathon de New York

Pour beaucoup de coureurs le marathon de New York fait partie des courses les plus mythiques qui soient. Le courir est un rêve pour beaucoup mais malheureusement peu accessible.

J’ai eu la chance de pourvoir y participer en 2018 et je vais vous raconter comment cette aventure s’est déroulée. J’espère pouvoir ainsi vous motiver et vous éclairer sur les modalités d’inscription pas si simples.

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S’inscrire au marathon de New York

Quand j’ai commencé à penser au marathon j’avais 19 ans et j’ai tout de suite pensé à New York. J’avais ces images en tête de coureurs traversant le pont qui relie Staten Island à Brooklyn depuis toujours et pour moi c’était LA course à faire une fois dans sa vie.

Quand j’ai réalisé qu’il ne suffisait pas juste de se rendre sur un site internet et de payer pour y participer j’ai vite déchanté…

En effet le marathon de New York fait partie des 5 marathons Majeurs (Londres, Tokyo, New York, Boston, Chicago) et l’inscription est soumise à une loterie.

J’avais donc laissé l’idée de côté, pour moi la loterie c’était inaccessible et je n’avais pas les moyens de payer un pack marathon avec une agence de voyage.

Après 4 marathons de Paris et 1 marathon du Médoc je me suis dit que l’année de mes 25 ans serait celle du Marathon de New York !

Globalement, il existe 2 moyens de s’inscrire au marathon de New York lorsqu’on ne réside pas à New York:

  1. Payer un voyage comprenant vol + hôtel + dossard et transferts en bus avec une agence de voyage par exemple Thomas Cook : compter 1600 à 2500 euros de vol + hôtel selon le nombre de jour et l’hôtel que vous souhaitez + 460 euros pour le dossard.
  2. S’inscrire à la loterie sur le site officiel du marathon de New york (ici) qui est ouverte autour de janvier – février chaque année: compter 250 euros environ pour le dossard.

Avec ma belle soeur nous avion décidé de 2018 serait notre année. Mais avant de casser notre tirelire nous avons tout de même tenté la loterie. Après avoir rencontré plusieurs personnes de mon entourage ayant été tiré au sort du premier coup je me suis dit « pourquoi pas moi finalement »

Attention quand vous vous inscrivez vous devez rentrer vos coordonnées bancaires et vous êtes débité quasi immédiatement après le tirage au sort donc soyez sûrs des dates et de vos disponibilités.

Pour la petite anecdote je me suis inscrite en sachant que c’était un dimanche de novembre mais sans regarder la date. Une fois l’inscription finalisée j’ai réalisé que c’était la veille de la prise de poste dans mon nouveau stage, autant vous dire une journée à ne pas manquer… Dès cet instant j’ai su que l’allais être sélectionnée, ahaha.

1 mois plus tard je recevais le mail de validation de mon inscription, ça y est j’allais courir le marathon de New York. Malheureusement ma belle soeur n’a pas eu cette chance.

Où Loger pour le départ ?

Nous avons fait le choix de visiter New York 1 semaine avant le marathon (comme ma rentrée était le lendemain du marathon, pas le choix) mais je vous conseille de faire l’inverse. Essayez d’arriver 2-3 jours avant la course et de rester un peu après ci possible pour visiter car marcher toute la journée pendant 1 semaine avant la course n’est pas l’idéal.

Nous avons séjourné dans l’Upper west side tout le séjour puis à Staten Island près du départ pour la veille de la course.

Je pense sincèrement que dormir à Staten Island est une bonne option. Le départ de la course est assez tôt et si vous êtes sur Manhattan vous devez donc prendre un bateau puis une navette bus ou un taxi. La plupart des coureurs se lèvent à 5h et attendent très longtemps au village de départ, le mois de novembre étant très frais c’st plutôt désagréable.

Nous avons eu la chance de pouvoir laisser nos bagages dans notre hôtel de l’Upper West juste à côté de l’arrivée, nous avions juste gardé l’essentiel dans un sac à dos pour la nuit à Staten Island. Une fois la ligne d’arrivée franchie j’ai juste eu à rejoindre mon chéri et aller récupérer mes affaires à l’hôtel c’était parfait. Après un léger rafraîchissement dans les toilettes de l’hôtel j’était prête pour aller manger un morceau et surtout reprendre l’avion 3 heures plus tard 😦 Globalement, dormir près du départ m’a permis de me lever à 7h30 et d’aller tranquillement rejoindre le village en taxi pour 10 dollars, où je n’ai attendu qu’une heure.

Si vous dormez à Manhattan pensez bien à réserver vos transferts en bateau et bus auprès de l’organisation du marathon à l’avance, tout est sur leur site internet et inclus dans le prix du dossard.

Je vous conseille aussi d’être à New York le 31 octobre si c’est possible afin de profiter de toutes les festivités d’halloween (parade, défilé de chiens déguisés, ambiance, décorations …)

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Quelle ambiance sur la course ?

Village de départ: 9/10

Plus qu’un SAS de départ c’est un vrai village qui est installé. On trouve des stands café, bagels, des poufs géants pour se poser, des prise pour charger son iphone, des boissons énergétiques et même des stands « dog therapy » si jamais tu as envie de caresser un labrador pour de détendre avant de partir. Seul bémol c’est tellement grand que j’ai mis 30 minutes à trouver l’entrée de mon SAS et malgré ne nombre de toilettes mis en place j’ai fait la queue assez longtemps.

SAS de Départ 10/10

L’hymne américaine chantée à chaque vague de départ au micro, un vrai coup de feu à chaque vague de départ aussi (sérieusement au marathon de Paris c’est juste pour le départ des professionnels). Que demander de plus pour se mettre dans l’ambiance ? Ah oui il y a aussi des hélicoptères qui filment.

La Course en elle même 9/10

J’enlève 1 point parce qu’il n’y a pas meilleure ambiance que le marathon du Médoc (voir article). 

Les 5 premiers kilomètres sont difficiles pour le moral. Après le départ en fanfare on enchaine sur le silence de mort du pont et une autoroute sans aucun public pendant environ 5 kilomètres.

En arrivant à Brooklyn en revanche on se retrouve propulsé dans une ambiance de folie avec des supporters partout, des gens qui encouragent et donnent des bonbons, des mouchoirs, de l’eau sur le bord du parcours. Certains décorent même leurs maisons pour l’occasion. 

Globalement il y a de l’ambiance partout et énormément de monde dans chaque quartier. Les ponts sont plus difficiles à gérer. Le contraste entre l’euphorie de la ville et le silence et les bruits de pas sur le bitume est assez brutal. Dans les moments un peu plus difficiles comme cela je vous conseille d’avoir un peu de musique sur vous.

Attention, les ravitaillements ne comportent pas d’aliments solides: pas de bananes, pas de tucs ni raisins secs, juste de l’eau et des boissons énergétiques alors prenez vos précautions. 

L’arrivée dans central Park 9/10

C’est Long, un peu comme la fin du marathon de Paris, sauf qu’ici il y’a a énormément de monde donc on se retrouve porté par la foule et ça aide à ne pas lâcher. 

J’étais tellement concentrée que je n’ai pas vu mon chéri qui avait prévu de se mettre un peu avant l’arrivée. Quand j’ai réalisé que j’allais pouvoir battre mon chrono j’ai simplement sprinté. 3h50 pour un record à 3h53 depuis 5 ans je vous avoue que je ne m’y attendais pas. Après une prépa freinée par une tendinite et une semaine de visite intense de New York à base de 18-20 km par jour de marche. IMG_4680

CONCLUSION

C’est un marathon à faire, indéniablement, l’ambiance est magique et le parcours aussi. 

Prévoir cependant des ravitaillements et un peu de musique pour les coups durs. 

L’organisation est au top même si le lieu de départ de la course nécessite une certaine logistique. 

Dans l’idéal je vous conseille de dormir à Staten island si vous voyagez léger (juste un sac à dos au vestiaire de la course) ou si vos proches peuvent s’occuper de la logistique bagages vers Manhattan ensuite. 

Si vos proches veulent vous encourager, je ne sais pas trop quel spot vous conseiller car j’ai loupé mon copains aux 2 endroits (km 17 et km 40) que nous avions choisis. C’est un peu la galère pour suivre un coureur du fait que le marathon passe sur 4 iles et dans 5 quartiers différents mais ça vaut le coup. 

J’espère que cet article vous aura été utile, inscrivez vous à la loterie, ça marche !

Quelques bonnes adresses pour votre séjour spécial marathon

  • New York loves yoga: salle de Yoga 30 dollars pour 2 semaines en illimité + location de tapis à prévoir, idéal pour faire des cours avant et après la course et se remettre du jet lag. 
  • Luke’s Lobster  pour un lobster roll après avoir visité le Musée d’histoire naturelle. 

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